La littérature française et le droit. Anthologie illustrée : Du roman de Renart à Camus… en passant par André Gide !


Il y a peu, nous remettions sur le devant de la scène l’ouvrage de Sandra Travers de Faultrier consacré à Gide et au droit : Gide, L’assignation à être (novembre 2005). Ce mois-ci, c’est toujours en lien avec le droit que Gide sera à l’honneur avec deux posts : le post présent met au jour une autre facette de la littérature et du droit grâce à l’ouvrage suivant : La littérature française et le droit – Anthologie illustrée : Du Roman de Renart à Camus, paru en décembre 2013 aux éditions LexisNexis. Cet ouvrage, réalisé par Claire Bouglé-Le Roux et préfacé par Vincent Lamanda, n’est pas le premier à mettre en lumière les liens étroits entre la littérature et le droit ; cependant, son originalité demeure puisqu’il s’agit bien de la première anthologie du genre.
En effet, ce qui différencie notre présente anthologie des ouvrages comme Droit et Littérature de François Jongen ou encore L’Anthologie de Droit et littérature : Une anthologie de Philippe Malaurie, tient notamment à ses illustrations
Loin de dénaturer l’ensemble, les quelques photographies et dessins apparaissent comme autant de lumières qui permettent au lecteur de jouir d’un éclairage très appréciable sur un auteur. Ou sur  un ouvrage, comme c’est le cas avec l’aquarelle de Honoré Daumier, Au palais justice, qui sert de support aux célèbres Scènes de la Vie parisienne de Balzac.
Ainsi, pour répondre à la complexité que représente le couple littérature-droit, l’auteur nous offre un angle d’approche novateur où l’immédiateté pallie aux difficultés intrinsèques aux deux thèmes clefs de ce livre.
Et si nous prenons aujourd’hui le soin de parler de cet ouvrage, c’est parce qu’André Gide y est bien évidemment mentionné : pages 278 à 287. Dès la première ligne, le parallèle est fait avec le père de l’écrivain. En effet, comment ne pas revenir sur cette figure essentielle pour Gide, et plus encore dans le cadre d’un ouvrage consacré au droit, puisque Paul Gide était un « brillant professeur de droit… titulaire de la chaire de droit romain » à Paris. Après avoir relevé les occurrences au droit dans les récits suivants : Si le grain ne meurt, Les Nouvelles nourritures et Geneviève, Claire Bouglé-Le Roux s’intéresse aux correspondances et ouvrages gidiens dédiés au droit : Souvenirs de la Cour d’Assise, Correspondance André Gide – Arnold Bennett, et L’Affaire Redureau, insérant parmi ces témoignages, une réflexion sur une œuvre de fiction : Les Caves du Vatican.
Dans l’encart « Pour aller plus loin », l’auteur prend soin de citer les ouvrages déjà réalisés sur le sujet ; cependant, même si nous avons bien conscience de la difficulté de proposer un corpus restreint et cohérent, nous regrettons un peu que d’autres liens évidents établis par Gide entre la littérature et le droit n’aient pas vu jour : nous pensons, par exemple, à la figure paternelle dans L’Immoraliste, où l’homme de droit apparaît sous les traits du tricheur. Une lecture bien particulière du droit et de ses règles dont nous aurions peut-être souhaité une lecture éclairée par les connaissances de l’auteur.

Dans deux semaines, nous nous retrouverons pour un autre post autour du thème de la Séquestrée de Poitiers, à travers le regard de Sophie Képès dans Probe et libre.

Justine Legrand

Nos dernières actualités

© Fondation Catherine Gide – 2011 – Mentions légales