18 Avr 2021

Il y a 8 ans, Catherine Gide nous quittait.

Depuis 2014, des Journées portant son nom, consacrées à des thématiques culturelles, sont organisées autour de cette date anniversaire dans la ville où elle repose sous une pierre, Le Lavandou. Tout près d'elle, son grand-père, le peintre belge Théo Van Rysselberghe et sa femme Maria, et à quelques pas de là, le peintre Henri-Edmond Cross, le poète russe Sacha Tchorny, le sculpteur colombien Marco Tobon-Mejia... Le monde des morts, avec sa géographie apparemment fixe, ne cesse de s'adresser à notre esprit de croisement. Croisements entre les pays, les arts, mais aussi les temps. 

C'est sans doute à ce même carrefour que Catherine a créé en 2007 la Fondation Catherine Gide : le passé devait ouvrir l'avenir, à partir du présent topographique que représentait la somme de documents qu'elle avait encore entre les mains, 56 ans après la mort de son père. Consciente de la richesse de ce qui lui avait été légué, soucieuse de participer à la conservation et à la transmission de « ce qui risque de disparaitre et qui nous constitue collectivement* », à savoir ici le patrimoine littéraire d'André Gide, elle a travaillé longtemps à la meilleure façon de rendre accessibles des documents précieux à la recherche, en en cédant un grande partie à des institutions en capacité de les accueillir (la Bibliothèque nationale de France, la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, la Fondation des Treilles, la Bibliothèque de Rouen...), et constituant paralèlement un capital nécessaire au soutien de projets universitaires et artistiques internationaux et variés. 

Elle défendait ce qu'on pourrait appeler la cause littéraire, elle-même englobée dans la cause culturelle, que Gide définissait comme "lutte contre la barbarie". 

Cette année, les Journées Catherine Gide ont dû, en raison de la pandémie, être annulées, alors même qu'elles étaient organisées en pendant à l'exposition d'un magnifique (et malheureusement déjà dispersé) héritage : la collection d'oeuvres d'art léguée à la famille. Parmis les dessins, sculptures et tableaux, Raphaël Dupouy a pu choisir pour son exposition à la Villa Théo des Laurencin, Pissaro, Redon, Sickert, Vallotton, Hiroshige, Hokusai... 

Profitons donc de cette date à laquelle Catherine Gide nous a quittés pour rendre un hommage à cette amoureuse des livres et des chiens, mais aussi à une femme inspirante, qui fera l'objet de l'un des dossiers thématiques que prépare la nouvelle équipe de la fondation. Pourquoi ? Parce qu'en plus d'avoir rendu possible l'existence d'une fondation qui permet aujourd'hui à de nombreux projets et livres de voir le jour, elle est aussi une figure féminine étonnante, au carrefour cette fois-ci des mondes, pour le dire très rapidement, de la littérature et de la nature, ayant naturellement conversé avec le monde littéraire, comme nous le montrent les archives ci-dessous, mais peut-être surtout avec les brindilles et les briards... Au carrefour également des identités féminines, tour à tour fille de père inconnu puis reconnue par son (célèbre) père, plusieurs fois épouse, plusieurs fois mère, et tout au long de ses 90 années de vie, responsable mais libre. 

02 29 Green à Catherine Gide recto

Lettre de Julien Green à Catherine Gide. © Fondation Catherine Gide. 

IV4 01 c JM à CG 19510221 recto

Lettre de Jean Malaquais à Catherine Gide, 1951. © Fondation Catherine Gide. 

carnet catherine

Page d'un carnet de Catherine Gide. © Fondation Catherine Gide

carte bureau

Carte postale de Catherine Gide à Frank Lestringant (biographe de Gide), 2011. © Fondation Catherine Gide. 

Catherine Gide Bibliothèque de Cabris11 0382

Catherine dans sa bibliothèque de Cabris © Jean-Pierre Prévost

*Selon les mots de Brigitte Louichon.

Aucun événement
Août 2021
D L Ma Me J V S
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31