Dans le cadre des matinées de l’Association pour l’autobiographie (APA), André Gide a été mis à l’honneur lors d’une session consacrée aux Cahiers de la Petite Dame. Cet événement qui s’est tenu le 23 juin 2012 à la Maison des Associations à Paris a permis de faire découvrir ou redécouvrir aux membres de l’APA la vie d’André Gide à travers le regard complice de son amie de toujours Maria Van Rysselberghe.

Quatre temps ont marqué cette manifestation :

Après une introduction de Gilles Alvarez sur André Gide et Maria Van Rysselberghe (dite La Petite Dame), et les liens qui les unissaient, Philippe Lejeune et Françoise Simonet-Tenant ont lu des morceaux choisis, alternant Les Cahiers de la Petite Dame et le Journal de Gide. Ainsi, au passage du Journal dans lequel Gide vient de découvrir que Madeleine a brûlé ses lettres ont fait écho Les Cahiers de la Petite Dame du 4 décembre 1918. Cette première lecture s’est achevée avec un passage du Journal datant de 1939 où 21 ans après, Gide revient sur cet événement tragique de sa vie.

Ensuite, Gilles Alvarez a offert une passionnante communication autour de Gide, de Madeleine et de Marc Allégret. Partant de la rencontre de Marc et allant à la fin de cette relation, tout en axant surtout sa présentation sur les années 1916-1917 et 1918, Gilles Alvarez a souligné la curiosité gidienne et son ambivalence, revenant sur certaines amours de passage rendues possible notamment par le nomadisme gidien ; nomadisme qui demeure l’un des traits essentiels de la personnalité de Gide. Il apparaît dès lors que Maria se veut l’exégète de Gide, un rôle qu’elle a su tenir à merveille, et dont le lecteur actuel ne peut que la remercier.

La seconde intervention, de Justine Legrand, tout en soulignant également le caractère nomade de l’auteur évoquait les liens entre la Petite Dame et sa petite fille, Catherine Gide, la fille d’André Gide. De l’aventure au quotidien, c’est le visage d’un homme parfois tourmenté, mais surtout curieux de ceux qui l’entourent que présente Maria dans ses Cahiers. Des Cahiers dont on remarque la disparition du Cahier 3, celui-là même qui a vu naître Catherine. Cette absence de notes, cette autre perte qui succède à la destruction des lettres de Gide par Madeleine met l’accent sur les non-dits qui parsèment la vie de Gide. En effet, le père qu’est André Gide, même s’il existait déjà à travers des théories dont on sent l’inspiration rousseauiste, reste un père qui ne dit son nom que tardivement, comme le rappelle Catherine Gide dans ses entretiens [1].

Cette matinée, qui se déroulait exceptionnellement l’après-midi, s’est poursuivie avec d’autres lectures autour de Gide, Madeleine et des garçons, puis de la figure d’Elisabeth (la fille de Maria et mère de Catherine) avec des extraits datant du 11 janvier 1923, du 23 janvier 1923, et des 19-20 mars 1923.

Cette nouvelle immersion en terre gidienne s’est conclue après 30 minutes de questions-réponses avec un auditoire manifestement enchanté et curieux de découvrir de ses propres yeux l’œuvre que sont ces Cahiers de la Petite Dame, ainsi que de l’Anthologie de ces Cahiers intitulée Je ne sais si nous avons dit d’impérissables choses.

Justine Legrand

[1] Catherine Gide, Entretiens avec Catherine Gide 2002-2003, Paris, Gallimard, 2009.



À venir

Quand?
17 Déc 2019
Quoi ?
Conférence
« Madame Proust »
Où ?
Mairie du Onzième (12, place Léon Blum), Bibliothèque Parmentier



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