La question de l’identité est centrale dans les écrits d’André Gide, qu’il s’agisse de son œuvre fictionnelle, de son Journal ou de sa correspondance. L’écriture ne constitue pas seulement pour ce lecteur et ce voyageur infatigables, pour ce passeur de culture, le moyen de redéfinir sa propre identité : elle est aussi le lieu d’une constante réflexion, poursuivie durant toute sa vie et jamais close, sur l’interaction entre la singularité individuelle et l’identité collective. Cette réflexion nourrit et façonne une écriture de l’intime sans cesse revivifiée par la confrontation et le dialogue avec d’autres, à travers les voyages, les lectures, les rencontres et les échanges épistolaires, dont l’œuvre fictionnelle tire finalement sa matière. Car l’œuvre de cet écrivain individualiste, égotiste, est aussi ouverte et tournée vers l’autre, vers l’étranger : elle interroge et met finalement à l’épreuve les représentations de soi et des autres qui sont reflétées et construites dans les littératures et les cultures européennes et orientales.

Tels sont les constats et les données que les chercheurs réunis autour de cette thématique de « l’identité » se sont employés à illustrer ou à remettre en question, à l’occasion du colloque international qui s’est tenu à l’Université de Lorraine, sur le site de Metz, du 28 au 30 mai 2015. Le sujet appelait une réflexion sur ce que l’on appelle aujourd’hui les échanges interculturels. Comme en écho à ce programme comporté par l’œuvre de Gide elle-même, le plateau des chercheurs réunis à l’UFR Arts Lettres et Langues – Metz de l’Université de Lorraine, qui abrite le Centre d’Études gidiennes sous la responsabilité de Jean-Michel Wittmann, l’organisateur de ce colloque, était résolument international. Preuve de l’écho que continue à susciter l’œuvre de Gide un peu partout dans le monde, ce sont pas moins de neuf pays différents qui ont été représentés durant ces journées, car si les spécialistes de Gide les plus reconnus étaient au rendez-vous, qu’ils soient français (Pierre Masson, Alain Goulet, Peter Schnyder, Frank Lestringant…), venus d’Angleterre (David H. Walker et Patrick Pollard) ou du Japon (Akio Yoshii), le colloque a permis d’entendre des chercheurs gidiens venus des États-Unis (Christine Armstrong), d’Italie (Carmen Saggiomo), de Croatie (Maja Vukusic Zorica), des Pays-Bas (Maaike Koffeman) et bien sûr de France (Hélène Baty-Delalande, Frédérique Toudoire-Surlapierre), tout en faisant une belle place aux jeunes chercheurs (Marit Karelson, de l’Université de Tartu en Estonie, Enrico Guerini de Bologne, Stéphanie Bertrand de l’Université du Luxembourg, Ryo Morii de l’Université Paris Diderot et François Bompaire, de la Sorbonne). Aussi précieux que les communications elles-mêmes, les échanges se sont souvent prolongés, parfois fort tard, de manière informelle, faisant de cette manifestation un moment aussi convivial qu’enrichissant, de l’avis unanime des participants. La publication des actes permettra dans les mois qui viennent de partager avec le plus grand nombre les conclusions de ce colloque.

Jean-Michel Wittmann


colloque gide identit



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12 Nov 2020
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Maison de la littérature de Québec



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