10 Jui 2014

Comédien de renom, (il interpréta frère Luc dans le film Des hommes et des dieux réalisé par Xavier Beauvois), Michael Lonsdale choisit de nous inviter à un nouveau voyage au plus proche de Dieu, et qui revêt cette fois une touche littéraire, avec son ouvrage : Et ma bouche dira ta louange, Mes plus belles prières – ouvrage de 352 pages accompagné d’un CD de ces mêmes prières lues (Editions Philippe Rey, novembre 2013).
Issu d’une famille où la prière n’était pas un rituel, comme il se plaît à le rappeler, c’est donc dans d’autres groupes qu’il a appris à prier. En choisissant de partager son expérience avec le lecteur, Michael Lonsdale exprime un « désir d’amour » un désir assumé qui repose sur l’altruisme.
L’auteur apparaît ici comme un croyant certes, mais aussi comme un homme qui « récite tous les jours le Notre Père », et qui se veut proche d’un Dieu avec lequel il communique mieux dans le silence du monde. Cependant, prier, ce n’est pas renoncer à vivre, et encore moins à se sentir partie prenante de ce qu’est le monde. Michael Lonsdale n’a aucune prétention, et revendique toute l’humanité qui est en lui, et qui le pousse parfois à « râle(r) très fort ». Car au fond, prier c’est crier, dénoncer les injustices, c’est prendre Dieu à témoin pour que les choses changent, peut-être.
L’éclectisme des références fait l’originalité de ce recueil. En effet, si certains auteurs canoniques tels que Pascal, Tolstoï, Claudel, et bien évidemment Gide sont mis à l’honneur avec leurs prières, d’autres sont celles d’inconnus. Ce qui, au fond, n’a peut-être pas grand-chose d’étonnant, puisque le rapport entre Dieu et les hommes existe en dehors de toute réalisation sociale. Et comme le souligne Michael Lonsdale : « Malgré tout ce qui sépare les auteurs (…), je les sens proches, ces frères et sœurs qui partagent avec nous le désir sincère de toucher le cœur de Dieu »… Et nous pourrions ajouter celui des hommes.
C’est dans le 6e chapitre (« “Mon âme s’est accrochée aux ailes de ton amour”, Confiance et abandon »), que nous trouvons la prière de Gide : « Seigneur, je viens à vous comme un enfant », tirée de Numquid et tu… ? Une adresse de Gide au Seigneur qu’il « écoute et (auquel il) soumet (s)on cœur ». 
À travers cette prière, nous sommes bien dans le témoignage d’amour voulu par l’auteur, où avec toute la délicatesse propre à son style, André Gide place et se place comme un enfant qui confesserait ses péchés dans l’obscurité du monde.

Le CD qui accompagne l’ouvrage offre une lecture des prières faite par Michael Lonsdale : celle consacrée au texte de Gide est la numéro 21 sur le CD, et dure 1’19 minute.


Justine Legrand



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