06 Jan 2014

Grâce à Catherine Gide, l’œuvre et la mémoire de son père n’ont jamais cessé d’être valorisés ces dernières années. La proximité que le chercheur gidien peut avoir avec la famille Gide, mais aussi avec certains manuscrits a une nouvelle fois permis la découverte de textes inédits. En faisant paraître De me ipse et autres textes préparatoires inédits aux Éditions  Orizons, coll. « Profils d’un classique », Pierre Masson offre un opus de 80 pages qu’il ne définit pas comme « des brouillons, mais les premiers pas sur le chemin d’œuvres à venir ».
Le livre est constitué d’une présentation, de plusieurs fragments et extraits et enfin de notes, l’ensemble permettant de s’approcher un peu plus des origines de quelques ouvrages gidiens.
Dans la présentation, Pierre Masson semble avant tout répondre à un désir gidien, et parle de ce travail comme d’un « regroupement de réflexions éparses ». L’attention du lecteur est portée sur l’usage de ces fragments dans le cadre de la rédaction de Si le grain ne meurt. Sans ordre particulier, ces fragments font voyager le lecteur au cœur de l’intime gidien. Et l’auteur appelle surtout à l’honnêteté de ce travail, refusant tout voyeurisme.

I. Fragments
Les premiers fragments montrent un Gide soucieux de son image puisque « la vie d’un homme est son image » ; mais nous sommes aussi face à la détermination d’un homme de lettres pour lequel « une seule chose est nécessaire : celle qu’on veut ».

II. Extraits du De me ipse
La deuxième partie de cet ouvrage présente plusieurs fragments.
A. Fragments préparatoires des Mémoires
Le premier intitulé « A l’école alsacienne » et le second « Première “volupté” » font partie des textes les plus touchants puisque ce n’est plus seulement André Gide, mais son intime partagé, ses relations amicales (dont celle avec François de Witt) qui sont mis en avant.
Nous touchons ici au cœur de l’intime : tant parce que ces fragments sont des inédits que par ce qu’ils évoquent. Le lecteur pénètre dans la sphère privée de Gide, un monde non dissimulé par l’ensemble que forme l’œuvre.
B. Autres documents
Dans cette sous-partie sont relatés d’autres moments forts de la vie de Gide, dont ses « débuts littéraires ».

III. « Repentirs de Si le grain ne meurt »
Dans la troisième et dernière partie, nous apprenons que Gide « crain(t) d’avoir arrêté trop tôt la première partie de (s)es mémoires » ; crainte qui explique le choix du titre de cette partie.
Précisons que diverses illustrations, photographies et des copies de manuscrits, accompagnent ces fragments.
C’est donc un Gide pas tout à fait méconnu mais que l’on prend plaisir à découvrir un peu plus qui s’ouvre à nous dans toute sa naturelle ambivalence : « J’ai souvent souhaité pouvoir rencontrer aujourd’hui l’adolescent que j’étais alors ; mais si sans doute cet adolescent m’aurait intéressé, m’aurait plu, je crois bien qu’il aurait pris peur devant celui que je suis devenu et lui aurait refusé confiance. Bref nous n’aurions pas fait bon ménage » (68)


Justine Legrand

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