QUI EST ANDRÉ GIDE ?

André Gide (1869-1951), prix Nobel de littérature en 1947, est l’auteur d’une œuvre plurielle, qui a donné et donne toujours lieu à de nombreuses descriptions, portraits, réflexions et débats. 
Considéré comme le « contemporain capital » de son époque, il est à la fois son ennemi et son représentant*. Nous vous invitons à découvrir, redécouvrir ou approfondir la connaissance de cet auteur, à travers la lecture des sites qui lui sont dédiés ou en parlent, et surtout, de ses écrits.

 

Ci-dessous :

> « André Gide en bref et en vitesse » – Un topo pour découvrir Gide.
> « André Gide par… » – Quelques citations qui éclairent différents aspects du personnage et de son œuvre, à travers le regard de critiques et écrivains, pour redécouvrir Gide.
> « André Gide sur la toile » – Les liens vers les sites permettant de retrouver tous les repères le concernant (biographiques, bibliographiques) – Pour approfondir sa connaissance de Gide.

 

EN BREF ET EN VITESSE 

Pourquoi André Gide est-il connu ?

  • Pour son style classique et ses recherches formelles : mise en abyme, multiplication des points de vue.
  • Pour ses sujets (considérés comme tabous, subversifs ou difficiles) et son engagement : l’homosexualité, les religions catholiques et protestantes, le communisme et le colonialisme.
  • Pour ses critiques littéraires pertinentes et son rejet (avant reconsidération) de Proust
  • Pour la création de la Nouvelle Revue française
  • Pour l’abondance de ses amitiés et correspondances avec d’autres auteurs
  • Pour ses choix de vie : pédérastie, mariage blanc avec sa femme Madeleine, père d’une fille avec son amie Elisabeth Van Rysselberghe.
  • Pour sa sincérité et sa remise en question des frontières de la moralité
  • Pour son amour des voyages
  • Pour avoir été interdit par l’Église catholique (Index Librorum Prohibitorum, qui cesse d’être « officiel » en 1966)
  • Pour avoir été prix Nobel en 1947

 

Quels sont ses livres les plus lus ?

Les Faux-Monnayeurs
L’Immoraliste
La Symphonie pastorale
Si le grain ne meurt

Quelles sont ses citations les plus connues ?

« On ne peut découvrir de nouvelles terres sans consentir à perdre de vue le rivage pendant une longue période. »
« Familles je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur. »
« Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. »
« Mieux vaut être haï pour ce que l’on est, qu’aimé pour ce que l’on n’est pas. »

 

ANDRÉ GIDE PAR…

FRANK LESTRINGANT
« (Gide) invente, mieux que Barrès avant lui, et bien avant Sartre, la littérature engagée, tout en en percevant très vite les risques et les limites. Le Retour de l’URSS, suivi des Retouches, constitue de ce point de vue un des jalons majeurs de la conscience intellectuelle au XXe siècle. Gide invente peut-être aussi l’autofiction, tellement en faveur aujourd’hui, et qui brise le tabou de la vie privée, au risque de l’exhibitionnisme. Mais il le fait avec un art, une maîtrise de la langue inconnus de ses épigones, et aussi, une conscience morale élevée, bien qu’assez imprévisible dans ses effets.
On connaît l’apport de Gide à l’histoire du roman. Paludes, où Nathalie Sarraute reconnaissait “l’une des cinq ou six œuvres les plus importantes de notre temps”, préfigure de loin le Nouveau Roman, de même que Les Faux-Monnayeurs, ce roman expérimental. Gide, on le sait, est l’inventeur de la “mise en abyme”. Tout un pan de la littérature contemporaine, qui met au premier plan le travail de l’écrivain et la dimension réflexive de l’œuvre, procède en vérité de Gide, autant que de Proust ou de Joyce. »

* Voir l’interview très complet avec Frank Lestringant

Lire la biographie de Gide par Frank Lestringant :
Tome 1
Tome 2

MAURICE BLANCHOT
« Œuvre d’excès, œuvre d’extrême mesure, toute donnée à l’art et cependant accordée à un dessein d’influence, non pas esthétique, mais morale, œuvre qui ne compte plus que l’homme et qui, pour l’homme qui l’a formée, n’a été qu’un moyen de se former, de se chercher, enfin œuvre immense, d’une extraordinaire variété, mais aussi éparpillée et étroite et monotone, ouverte à la culture la plus riche, tournée vers la spontanéité la moins livresque, naïve par goût de l’effort, libre par souci de la contrainte, discrète dans la franchise, sincère jusqu’à l’affectation et comme poussée par l’inquiétude vers le repos et la sérénité d’une forme à laquelle rien ne saurait être changé. »

Lire La Part du Feu de Blanchot, et l’article de Frédéric SAENEN, « André Gide, génie unique et multiple » :

C. S., PLÉIADE
« André Gide (1869-1951), diaboliquement inclassable, imprime à tous les genres qu’il a illustrés sa marque propre. Des Cahiers d’André Walter à Thésée, il n’a cessé de cerner ce qui forme, informe et déforme l’être. Découvrant très tôt les ressources corrosives du saugrenu, de l’ironie, il enseigne à se libérer des entraves, à découvrir son moi authentique, à en cultiver les richesses dans un rapport naturel au monde et à la vie. Mais son œuvre n’apparaît scandaleuse qu’à ceux qui ne veulent pas comprendre la morale de l’effort qu’elle implique : la crise des valeurs – y compris les valeurs esthétiques – dont elle rend compte invite ici à une prise de responsabilité. La ferveur gidienne, tout comme l’art classique dont Gide fut le théoricien chaleureux, tire sa force des limites mêmes qu’elle s’impose. (C. S.) »

Voir : http://www.la-pleiade.fr/Auteur/Andre-Gide

MAURICE SACHS
« Gide, la taille haute, les épaules tombantes, le corps osseux, porte une tête depuis longtemps chauve à la peau sèche et tannée de paysan. Il est comme sculpté dans le bois sain d’un arbre rude. Ses yeux, qui tirent tantôt sur le gris, tantôt sur le bleu comme certaines ardoises, comme sous certain jour, les feuilles de peuplier, donnent un regard lucide, franc et perspicace. Ses lèvres, dont Wilde disait qu’elles “sont droites comme celles de quelqu’un qui n’a jamais menti”, coupent net le visage d’un trait plus réticent que voluptueux. Une mâchoire forte et carrée marque de volonté une figure qui n’est alourdie par aucune passion épaississante. Le visage de Gide nous présente la réunion réussie du paysan, de l’homme d’étude et de l’homme raffiné. Bref, celui d’un homme qui s’est donné la peine d’être ce meilleur homme qu’un homme puisse être, ce meilleur de soi qui est en chacun mais que si peu d’entre nous réalisent. »

Voir : http://www.gidiana.net/sachs.htm

MAURICE MARTIN DU GARD
« Avec sa tenue classique de voyage, dans un vaste pardessus de ratine beige, le chapeau taupe plus foncé, M. Gide avait son air d’arriver de loin et de repartir le soir même, de loin ou de près, de l’Afrique du Nord ou de Normandie, mais toujours entre deux trains et deux désirs, à la quête de lui-même. Changeant de peaux, de pays, insatiable et clandestin, frôlant les êtres, les murs, feignant d’aimer et ne désirant que son propre personnage, se contredisant à plaisir pour être plus divers, plus mystérieux, se sentant sans s’attacher, plus attachant ; ne s’engageant que pour pouvoir une fois de plus se dérober et se rajeunir à ces exercices, sans mémoire mais n’oubliant jamais quel délice est d’être lucide et de pouvoir tout critiquer, posant des problèmes et filant, inquiétant Dieu, révoltant les hommes sains et naturels, excitant le Diable à l’occasion, écrivant n’importe où, dans les hôtels, dans les trains, en plein air, ne mettant rien au-dessus d’une phrase impeccable, d’une précision raffinée qui le rend léger, fuyant la lourdeur, la fraude et le malheur, en littérature, en morale, en voyage. Toujours sur les chemins, toujours en fuite pour se prouver qu’il est libre ; il n’a pas d’âge. Un autre s’y tuerait. Sa santé s’en trouve à merveille. »

Voir : http://e-gide.blogspot.fr/2014/12/une-visite-dandre-gide.html  

 

ANDRÉ GIDE SUR LA TOILE 

 > Wikilivre, pour un accès gratuit à ses écrits

> BNF, pour une liste complète des travaux de Gide

> Citations de Gide sur Dicocitations

> Description de Gide (et citations) sur Le Figaro/Evene

> Des sites précieux (archives, actu, biblio...), pour aller plus loin. 

 

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