André Gide à Cerisy

Du 27 août au 3 septembre 2012, s’est tenu le colloque « André Gide et la réécriture, ou l’œuvre comme carrefour » au Château de Cerisy-la-salle.

Comptant pas moins de 24 intervenants, le colloque a tenu ses promesses en offrant de nombreux débats faisant suite aux différents angles d’approche de Gide et de son œuvre évoqués dans le cadre de chaque communication.

Grâce au thème global se voulant généraliste, à savoir la notion de réécriture, la possibilité a été donnée à chacune et à chacun d’apporter son éclairage quant à la question du texte. Qu’il s’agisse de la réécriture d’un seul et même texte : texte original, texte retravaillé, la génétique du texte ; ou d’une lecture de plusieurs ouvrages : liens entre les œuvres, travail sur le message et les personnages à travers le récit et le temps, etc., les interventions ont permis au public initié participant à cette semaine de découvrir ou redécouvrir certains points critiques de Gide et de son œuvre.

Cette diversité dans les lectures s’est également retrouvée dans le choix des communicants. En effet, les organisateurs : Clara Debard, Pierre Masson et Jean-Michel Wittmann avaient convié un panel varié donnant notamment la possibilité à de jeunes doctorantes de s’exprimer et d’exposer leurs visions de la réécriture gidienne.

Justine Legrand

Pour plus d’informations concernant le programme et les intervenants :
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/gide12.html

André Gide et La Petite Dame, Matinée de l’APA

Dans le cadre des matinées de l’Association pour l’autobiographie (APA), André Gide a été mis à l’honneur lors d’une session consacrée aux Cahiers de la Petite Dame. Cet événement qui s’est tenu le 23 juin 2012 à la Maison des Associations à Paris a permis de faire découvrir ou redécouvrir aux membres de l’APA la vie d’André Gide à travers le regard complice de son amie de toujours Maria Van Rysselberghe.

Quatre temps ont marqué cette manifestation

Après une introduction de Gilles Alvarez sur André Gide et Maria Van Rysselberghe (dite La Petite Dame), et les liens qui les unissaient, Philippe Lejeune et Françoise Simonet-Tenant ont lu des morceaux choisis, alternant Les Cahiers de la Petite Dame et le Journal de Gide. Ainsi, au passage du Journal dans lequel Gide vient de découvrir que Madeleine a brûlé ses lettres ont fait écho Les Cahiers de la Petite Dame du 4 décembre 1918. Cette première lecture s’est achevée avec un passage du Journal datant de 1939 où 21 ans après, Gide revient sur cet événement tragique de sa vie.

Ensuite, Gilles Alvarez a offert une passionnante communication autour de Gide, de Madeleine et de Marc Allégret. Partant de la rencontre de Marc et allant à la fin de cette relation, tout en axant surtout sa présentation sur les années 1916-1917 et 1918, Gilles Alvarez a souligné la curiosité gidienne et son ambivalence, revenant sur certaines amours de passage rendues possible notamment par le nomadisme gidien ; nomadisme qui demeure l’un des traits essentiels de la personnalité de Gide. Il apparaît dès lors que Maria se veut l’exégète de Gide, un rôle qu’elle a su tenir à merveille, et dont le lecteur actuel ne peut que la remercier.

La seconde intervention, de Justine Legrand, tout en soulignant également le caractère nomade de l’auteur évoquait les liens entre La Petite Dame et sa petite fille, Catherine Gide, la fille d’André Gide. De l’aventure au quotidien, c’est le visage d’un homme parfois tourmenté, mais surtout curieux de ceux qui l’entourent que présente Maria dans ses Cahiers. Des Cahiers dont on remarque la disparition du Cahier 3, celui-là même qui a vu naître Catherine. Cette absence de notes, cette autre perte qui succède à la destruction des lettres de Gide par Madeleine met l’accent sur les non-dits qui parsèment la vie de Gide. En effet, le père qu’est André Gide, même s’il existait déjà à travers des théories dont on sent l’inspiration rousseauiste, reste un père qui ne dit son nom que tardivement, comme le rappelle Catherine Gide dans ses entretiens [1].

Cette matinée, qui se déroulait exceptionnellement l’après-midi, s’est poursuivie avec d’autres lectures autour de Gide, Madeleine et des garçons, puis de la figure d’Elisabeth (la fille de Maria et mère de Catherine) avec des extraits datant du 11 janvier 1923, du 23 janvier 1923, et des 19-20 mars 1923.

Cette nouvelle immersion en terre gidienne s’est conclue après 30 minutes de questions-réponses avec un auditoire manifestement enchanté et curieux de découvrir de ses propres yeux l’œuvre que sont ces Cahiers de la Petite Dame, ainsi que de l’Anthologie de ces Cahiers intitulée Je ne sais si nous avons dit d’impérissables choses.

Justine Legrand

[1] Catherine Gide, Entretiens avec Catherine Gide 2002-2003, Paris, Gallimard, 2009.

Gide au programme

En cette rentrée 2012-2013, André Gide est mis à l’honneur puisqu’il figure au concours externe de l’agrégation du second degré, section Lettres modernes. En effet, l’unique roman gidien, Les Faux-monnayeurs est inscrit au programme tant en littérature, que pour l’épreuve d’étude grammaticale d’un texte postérieur à 1500 ; et dont voici la partie choisie pour ce concours : André Gide, Les Faux-monnayeurs, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1996 (ou éd. Post.). « Première partie : Paris », de la p. 13 (« Moi, dit Bernard sauvagement ») à la p. 214 incluse (« je le tuerais »).

Après son adaptation télévisuelle par Benoît Jacquot en 2010, c’est donc cette fois au travers de ce prestigieux concours de l’enseignement que Gide revient sur le devant de la scène.

Gageons que les candidats ne manqueront pas de mettre leur savoir et leur curiosité au profit de cette œuvre que Gide définissait comme un « roman pur », un roman déjà au programme de l’agrégation à deux reprises et qui, comme nous aurons l’occasion de le voir dans de prochains posts, a récemment suscité l’édition ou la réédition de quelques ouvrages clefs.

Pour plus d’informations : http://media.education.gouv.fr/file/agregation_externe/21/2/p2013_agreg_ext_lettres_mod_202212.pdf

Justine Legrand

André Gide et André Malraux : 30 ans d’amitié


Vendredi 14 septembre 2012 a eu lieu le vernissage de l’exposition de photographies intitulée André Gide / André Malraux: 1921-1951 – 30 ans d’amitié.

Cette exposition était proposée par la fondation Catherine Gide et Jean-Pierre Prévost avec le soutien de l’association Amitiés Internationales André Malraux et l’association des Amis de Pontigny – Cerisy.

Composé de plusieurs panneaux, chacun mêlant histoire intime et histoire littéraire, cet événement proposant 100 photos provenant pour la plupart de collections privées s’est tenu dans la salle des fêtes de la mairie du 11e arrondissement de Paris, en présence des élus locaux dont Patrick Bloche, député-maire du 11e arrondissement et de Stéphane Martinet, Adjoint, chargé de la Culture et du Patrimoine.

Grâce aux familles Gide et Malraux, l’amitié qui unissait les deux hommes ne s’est finalement jamais éteinte, et cette présentation en offre le plus bel exemple à travers leurs combats littéraires et politiques.

Informations : Mairie du 11e arrondissement de Paris – 12, place Léon Blum – 75536 Paris Cedex 11. Exposition ouverte du 14 au 28 septembre 2012, du lundi au vendredi de 10h à 17h, jusqu’à 19h30 le jeudi.

Le vernissage

A 18h30, la salle des fêtes de la mairie du 11e arrondissement a ouvert ses portes au public venu en masse afin de découvrir l’exposition de photographies intitulée André Gide / André Malraux: 1921-1951 – 30 ans d’amitié.


A 19h15, Patrick Bloche, député-maire du 11e arrondissement a inauguré cette exposition au travers d’un discours de présentation des deux auteurs, et ce avant de céder la place à Jean-Pierre Prévost. Ce dernier a su mettre l’eau à la bouche du spectateur en exposant avec clarté le but de cet événement, et rappelant qu’un livre dédié à Gide et Malraux verrait le jour en 2013. Puis, Peter Schnyder a pris la parole, au nom de la Fondation Catherine Gide grâce à laquelle cette exposition a été possible. Enfin, Florence Malraux, fille d’André et Clara Malraux a clôturé cette séance de présentation et d’inauguration qui a été suivie d’un cocktail.

L’exposition

Disposés le long de trois des quatre murs de cette belle salle, les différents panneaux permettent au spectateur de découvrir au gré de son tour de la pièce les différents éléments qui ont marqué la vie des deux écrivains et ont vu leur amitié se sceller de 1922 à la mort d’André Gide le 19 février 1951.



Le choix des supports (photographies, gravures, dessins) et de leur organisation confère un regard global en même temps qu’il donne le sentiment d’une plongée au cœur même de l’intime de ces deux hommes.

Le premier panneau s’ouvre en 1922 et évoque les trois premières années de l’amitié qui n’aura de cesse de se nourrir au fil des décennies futures.

Puis en 1925-1926, l’accent est mis sur André Gide qui met en vente la villa de Montmorency construite peu de temps auparavant mais qui n’a jamais vraiment su séduire Gide, vente agrémentée de celle d’une partie de sa bibliothèque avant le départ pour le Congo et le Tchad en compagnie de Marc Allégret.

En 1927, c’est à travers l’entrée de Malraux chez Gallimard et à la NRF qu’est souligné un des liens unissant Gide et Malraux. Les superbes aquarelles de Lucien Mainssieux ayant servi à l’illustration d’Amyntas de Gide décorent ce panneau.

L’arrivée au Vaneau pour Gide se fait en 1928, une arrivée judicieusement soulignée quand on sait l’importance que prendra ce lieu pour l’auteur lui-même ainsi que pour son entourage qui y verra un véritable lieu de rencontres et de discussions littéraires.

En 1931, c’est André Malraux qui part en Indochine. Plusieurs clichés accompagnent ce voyage dont l’empreinte se révélera très forte sur l’auteur.

Le 21 mars 1933, Gide entouré de Malraux, Guéhenno, Dabit et Vaillant-Couturier prononce le discours d’ouverture pour l’association des écrivains et artistes révolutionnaires à la tribune de la salle du Grand Orient à Paris. Gide et Malraux forment ainsi un comité de soutien avant de partir tous deux à Berlin le 4 janvier 1934.

En 1935, nous retrouvons Gide à Moscou. Puis en 1936, tandis que Malraux se rend en Espagne, Gide est avec Nehru en Suisse ; un dessin de Gide par Simon Bussy illustre cette année.

1938 marque le décès de Madeleine Rondeaux (l’épouse de Gide meurt le 17 avril), ainsi que le retour d’URSS de Gide donnant lieu à un nouvel opus.

En cette année, le roman L’Espoir de Malraux est adapté au cinéma, le tournage qui début le 20 juillet 1938 a lieu à Barcelone.

En 1940, Malraux s’engage, et en 1941 c’est au tour de Clara Malraux (l’épouse de Malraux) d’entrer dans la résistance.

En 1942, les deux auteurs s’opposent sur deux conceptions de l’écriture romanesque, sans pour autant rompre leurs liens d’amitié.

En 1943 et 1944, tandis que la guerre fait toujours rage, Gide voyage en Afrique du Nord : de Tunis à Alger.

D’autres éléments de la vie intime des deux hommes nous sont présentés, toujours dans le respect des deux hommes, comme le divorce des époux Malraux en 1946.

En 1947 est créé le RPF, parti gaulliste auquel Malraux adhère et dont il sera le directeur du service de la presse et de la propagande.

Cette superbe exposition s’achève en 1951 avec la disparition d’André Gide au matin du 19 février dans son appartement rue Vaneau.

Grâce à la liberté d’aller et de voir, ainsi qu’au mélange des genres : peintures, photos d’ici et d’ailleurs, c’est un véritable parcours dans le temps et l’espace qui est proposé au spectateur, et en ce sens, l’on peut dire que cette exposition a bien tenu ses promesses.


Justine Legrand

Nos dernières actualités

© Fondation Catherine Gide – 2011 – Mentions légales