L’été gidien en terre mauriacienne

A l’été 1939, André Gide retrouve François Mauriac dans son domaine de Malagar. Cette rencontre, due en majeure partie à Claude Mauriac, a traversé les décennies grâce aux notes prises par ce dernier, et retranscrites dans son Journal. Au début de cette année 2012 a paru l’ouvrage Gide chez Mauriac auquel vient s’ajouter le film réalisé par Jean-Pierre Prévost, André Gide chez François Mauriac.
Réalisé sous la direction de Caroline Casseville et Martine Sagaert, ce livre offre un large champ d’approche de ce séjour gidien à travers les cinq parties qui le composent.

Ainsi, à Dominique Arot qui souligne la présence constante de la musique à travers Mozart répond la « cristallisation artistique » de Peter Schnyder pour qui, à certains égards, la musique peut incarner un au-delà de l’écriture. Outre les discussions musicales, les points de convergence de ces deux prix Nobel de littérature sont aussi forts, nous pensons aux questions esthétiques et morales soulevées par Martine Sagaert, que les points de divergence ont demeuré, créant quelques dissensions notamment sur la question du corps et de ses tabous.

Pour Caroline Casseville, cette rencontre est l’occasion d’évoquer d’autres entretiens, les entretiens radiophoniques, dont les gidiens et les mauriaciens ne peuvent que saluer l’existence aujourd’hui encore lorsqu’ils écoutent ces deux auteurs se raconter à Jean Amrouche. Car la littérature est bien avant tout le lieu de rencontres et d’amitié.

Une amitié entre André Gide et François Mauriac donc, un lien unique évoqué par Jean Touzot, et qui saura toucher le fils, Claude, qui deviendra à son tour l’ami, le « frère » de Gide, comme ce dernier le confie lui-même.

Justine Legrand

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